bonjour, soyez bienvenu.

Créé par le 15 août 2009 | Dans : bienvenue

Vous trouverez

dans ce modeste blog

un cours dessin spécialement conçu pour les débutants

( tous ceux qui ont peur de se lancer),

il me faudra du temps pour le peaufiner

soyez indulgents et patients.

vous trouverez aussi

ma définition de la clairvoyance,

et peut-être si j’en ai le temps

de petits bonheurs…

Bonne visite.

 

papa meilland 

essai de cours en cours

Créé par le 24 jan 2010 | Dans : mon cours

Ici je tente de mettre en ligne un cours de dessin que j’avais écrit pour mes élèves du CG Gironde il va donc y avoir de multiples mises en ligne avant que j’atteigne mon but.

Introduction 

Quel amateur n’a pas eu envie de dessiner ? Mais les bases manquant, le résultat est souvent décevant et le renoncement tout proche. Ce petit texte a pour ambition de vous offrir les outils techniques qui vous permettront d’exprimer votre inspiration. Savoir dessiner c’est savoir se servir d’un crayon mais aussi cadrer son dessin et surtout savoir observer. Ce travail d’observation ouvre des horizons plus larges car le sens de l’observation est un plus, comme le sens du rythme ou celui du goût, qui permet de sentir dans une bouchée le parfum subtil de tel ou tel ingrédient de la recette. Plutôt que vous abreuver de notions techniques nous prenons le parti de vous amener à voir les formes, les dimensions, en formant votre regard. Vous découvrirez ainsi la perspective sans utiliser de termes compliqués puisque nous baignons dans la perspective à chaque regard. L’anatomie, elle, sera contournée et nous découvrirons plusieurs moyens de dessiner des personnages ou de faire des portraits équilibrés. Ces découvertes basées sur l’observation de soi ou de ses proches rendent les débuts plus faciles ; grâce à eux un grand débutant ose s’attaquer au croquis d’une scène de rue comportant plusieurs personnages. Le dessin n’étant plus un problème nous allons avoir envie de mettre en couleur nos inspirations. L’aquarelle est un médium simple un peu d’eau un peu de couleur quoi de plus simple ? Et pourtant que de déceptions elle a causées ! Bien sûr nous allons apprendre à nous y retrouver dans la jungle des différents papiers couleurs et pinceaux, mais nous allons aussi découvrir comment les apprivoiser. Les gestes simples, bien connus des professionnels, tellement connus qu’on omet d’en parler, sont ici expliqués pas à pas. *les nombreux croquis illustrant les explications ont été réalisés avec des traits sans nuances ni fioritures avec l’outil Paint c’est la preuve qu’on n’a pas besoin d’un talent spécial, il faut juste faire des traits et faire attention où on les fait. J’ai trop souvent entendu cette phrase : « ah ! Moi je ne sais pas dessiner je suis incapable de tenir un crayon ». C’est assez faux car toutes ces personnes savaient écrire et je trouve que tracer des lettres si petites toutes alignées avec de tous petits accents au dessus c’est largement plus difficile que de faire un rond ou un trait. 

Le dessin 

Le matériel 

Pour dessiner vous n’avez pas besoin d’un matériel bien sophistiqué. 

Il vous faut

Des crayons à mine graphite c’est-à-dire des crayons à papier dont la mine sera plutôt tendre. La dureté de la mine est indiquée par des lettres sur le côté du crayon  H et un numéro, HB, ou B et un numéro.  H (hard) signifie que la mine est sèche elle convient pour du dessin technique mais elle marque le papier et ne peut pas être estompée. B (black) désigne une mine grasse plus noire et facile à estomper mais plus difficile à gommer. HB (hard black) est une mine moyenne ni très dure ni très grasse. Les numéros indiquent la dureté de la mine pour les H, et la noirceur pour les B. Plus le chiffre est grand plus le crayon est dur ou noir

  H6-5-4-3-2-1                – HB                            – B1-2-3-4-5-6 

Dur                                      moyen                               noir 

Vous pouvez avoir par exemple un crayon HB et deux B n°2 et 5. 

Les crayons durs n’étant pas utiles en dessin d’art, évitez les panoplies complètes dont la moitié ne servira jamais. Vous pouvez aussi dessiner avec un simple stylo à bille noir. Pour les débutants le stylo a un côté effrayant parce qu’on ne peut pas gommer et pourtant c’est ce que je recommanderais aux plus audacieux parce justement puisqu’on ne gomme pas on voit bien ses erreurs et on prend plus vite de bonnes habitudes en maîtrisant mieux son trait. 

Le crayon feutre n’étant pas mon ami je n’en parlerai même pas, mais toutes les expériences sont bonnes à faire et vous pouvez fort bien vous sentir à l’aise avec cet instrument. Car là est le secret: il faut se sentir bien avec son crayon son stylo son papier. 

 Il vous faut aussi 

   Du  papier . Le papier pour dessiner est un papier léger 80 ou 90 grammes, mais un carnet de notes, un post-it, de vieilles enveloppes font l’affaire. L’essentiel est d’avoir toujours du papier sur soi, donc les petits formats sont privilégiés. Surtout gardez tout ce que vous faites, de préférence daté. Vous pourrez apprécier vous-même vos évolutions et ces petits croquis vous raconteront des histoires.  Et la gomme? Ah ! La gomme ! Que choisir comme gomme ! Rien… Rien du tout. On ne gomme pas quand on débute, on recommence.  Et voilà ! Les sourcils qui froncent, les visages qui s’allongent, les regards qui filent vers la sortie..je dois donc vous dire: ayez une gomme mais ne vous en servez presque pas. 

Le modelé et les ombres 

Tout ce que vous allez vouloir faire: des ombres, donner du relief à un sujet, montrer que telle partie est arrondie, bombée, que telle joue est creusée,

nécessite que vous sachiez crayonner.

L’apprentissage est simple: lisez ce qui suit et sans vous poser trop de questions faites des dessins en les modelant.  Par exemple tracez une tasse et faites des zones plus foncées.  tasse1.bmp En mettant plus de crayonnage en bas qu’en haut vous avez déjà fait du modelé. Ne gommez pas et regardez aussitôt votre travail de loin. Mais voici quelques notions pour choisir comment vous aimerez travailler. 

Le crayonnage oblique 

Dans cette série d’exemples nous avons choisi de montrer des crayonnages  très simples, sans aucun effet de grosseur de trait ou d’intensité. Ceci afin de décrypter au plus près la technique du crayonnage. Tous les traits sont rigoureusement identiques et c’est  seulement l’espacement entre eux ou leur direction qui change. Tout d’abord le crayonnage le plus élémentaire: c’est une série de traits parallèles dont l’espacement est à peu près  égal et d’intensité régulière cela veut dire ne pas appuyer différemment sur la mine au long du travail  (Et d’ailleurs ne pas appuyer du tout !). Pour crayonner la main fait des aller retours rapides dans un sens elle pose le crayon sur le papier dans l’autre sens elle le lève.  Ainsi on obtient une série des traits parallèles.              

crayonoblikunblog.bmp

avec cet exemple vous vous dites c’est trop moche elle se fout de nous, mais non je fais ces gribouillis avec Paint pour vous montrer que ça ne tient pas au talent, au papier, à la qualité du crayon, non c’est juste technique alignez des traits tous d’égale intensité et vous ferez des ombres je vous en donne ma parole!

Le crayonnage croisé  crayonnagecrois.bmp 

 Pour accentuer l’intensité vous pouvez changer l’axe de votre crayonnage et mettre une deuxième couche. Faites tourner votre papier à chaque changement d’axe au lieu de contorsionner votre poignet. Ainsi vous faites tout le temps le mouvement le plus facile et vous ne vous fatiguez pas. Une succession de coup de crayons toujours parallèles et de même intensité mais en changeant de direction à chaque série vous permet de modeler, d’ombrer plus ou moins selon vos besoins.  Il vaut mieux apprendre d’abord à crayonner plutôt que d’estomper au doigt. Bien sûr on obtient rapidement des ombres plus ou moins bonnes mais on n’apprend rien. On se salit juste les doigts ! Si vous voulez travailler au doigt faites du pastel ou même des craies d’écolier de couleur. Pour quelques centimes vous pourrez jouer des heures et avoir de fort jolis résultats. 

Le gribouillage 

crayonhirsut.bmp

 Une autre technique consiste à gribouiller de manière régulière en insistant sans appuyer plus sur certaines zones En résumé le crayonnage implique surtout d’apprendre à ne pas trop appuyer sur la mine, à la promener à la surface du papier. Vous ne devez surtout pas graver une trace, un sillon ; le but est seulement de déposer un peu de graphite par usure sur le papier. Bien sûr, il faut être très indulgent avec vous-même ; vous appuyez sur le crayon pour imprimer un sens à votre travail, vous sentez bien qu’il faut une zone plus foncée à cet endroit, alors vous appuyez de toutes vos forces pour mettre plus de noir, et c’est justement là qu’il faut faire glisser longuement le crayon dans tous les sens pour charger cette zone. Mais soyez un petit peu patient et votre main va trouver le geste régulier qui mettra la juste dose de noir. Dans peu de temps vous n’agiterez plus ce crayon par à-coups et votre ligne va apparaître

Regardez la différence de traitement du même sujet.

torchons.bmp

  A droite les lignes tracées par petits coups de crayon fatiguent le regard et brouillent la lisibilité là où une ligne simple suffit à raconter: un torchon est suspendu à un fil et il y a du vent. 

La perspective 

Nous allons d’abord mettre les choses au point. La perspective est une commodité de représentation pour rendre perceptible la distance entre ce qui est devant nous et ce qui est plus loin derrière, un proverbe africain le prouve: «Ce n’est pas parce que le crocodile au loin sur le fleuve te semble aussi petit qu’une allumette, qu’il ne te bouffera pas quand tu passeras près de lui ». 

  crocoprojetaquerelle.bmp Le sage africain a donc observé que les objets lointains paraissaient plus petits que les proches.  Les égyptiens ignoraient la perspective, comme nos arrière grands-pères du moyen âge ou les chinois qui faisaient  merveille à la période Song et ils ont peint des chefs d’œuvre.  Alors si vous êtes allergique à cette notion, dites vous que cela n’a aucune importance et inventez votre propre façon de représenter le monde sans elle. L’important c’est de vous faire plaisir. 

Echapper au cours de perspective 

 Si vous préférez utiliser la perspective dans vos tableaux, nous allons envisager un certain nombre de façon de dessiner sans pour cela nous gonfler le cerveau avec des notions techniques. Partons du principe que vous ne savez rien de la perspective et que vous voulez malgré tout donner une impression de profondeur.  Deux moyens s’offrent à nous à utiliser séparément ou bien ensemble. 

1) la taille des objets

 2) l’intensité des couleurs.     

Dans les deux cas vous représentez vos sujets de face ou de profil (des fleurs de face je vois comment c’est, mais un arbre de profil… je laisse ça à votre sagacité !) Vous pouvez donc représenter tous les éléments de votre tableau de plus en plus petits pour montrer leur éloignement  Bien entendu si vos objets ne sont pas très éloignés les uns des autres comme dans un bouquet ne diminuez pas trop la taille des fleurs qui sont derrière sinon on aura l’impression que plusieurs mètres séparent l’avant et l’arrière de la composition ! Dans une scène de rue ou dans un paysage les personnages, les maisons, les arbres, etc. seront réduits en taille au fur et à mesure de leur éloignement et c’est à l’œil que vous jugerez si ça va ou pas. Vous trouverez ci-après deux exemples utilisant cette méthode. 

Intensité des couleurs 

intenscouleur.jpg

Dans ce bouquet toutes les fleurs sont de face, les plus proches sont un peu plus grandes et un peu plus colorées que celles qui sont derrière et l’impression de profondeur est également donnée en passant une couleur de fond plus sombre en bas du tableau.   

Taille des objets 

                                                                      tailleobjet.bmp 

Dans ce paysage, toutes les maisons sont de face et la distance est donnée par la taille des maisons et des arbres. La couleur est plus intense devant et s’atténue avec l’éloignement. L’horizon sera la zone la plus claire et floue.  *** 
 

 bamboo.bmp

L’utilisation des couleurs pour obtenir de la profondeur s’appuie sur ce que nous voyons dans  la nature. Lorsque nous regardons un paysage un peu vaste, nous constatons que, dans le lointain, les couleurs sont comme voilées par un brouillard plus ou moins dense et l’horizon est bleuté ; parfois on ne distingue même plus le ciel de la terre. C’est cette observation que nous allons mettre à profit. Le premier plan de nos dessins ou tableaux sera donc plus coloré plus intense que le lointain. En peinture, n’hésitons pas à rajouter du bleu du ciel dans les couleurs des plans les plus lointains. Si nous reprenons notre bouquet, bien sûr, il n’est pas question d’exagérer autant le contraste, mais nous prendrons soin de diminuer l’intensité de la couleur des fleurs situées à l’arrière plan. Ainsi, en combinant ces deux méthodes, diminution des tailles et atténuation des couleurs nous pourrons représenter les distances sans être ridicules et sans nous encombrer avec des notions de perspective ennuyeuses comme la pluie.  Voici quelques 

Notions à garder en mémoire pour ne pas dessiner tordu. 

Ces conseils restent utiles que l’on travaille en perspective ou pas. 

  • Les verticales restent verticales. C’est important. 
  • N’oubliez pas que dans une maison les hauts des portes, des fenêtres, le bord du toit, le faîte de la toiture sont alignés et horizontaux  donc arrangez vous pour qu’ils n’aient pas l’air de partir chacun de son côté ! 

La lecture de ce qui suit est facultative pour ceux que la perspective ennuie gravement! 

Bien sûr, maintenant que vous savez contourner la perspective en biaisant sur les tailles et les couleurs, vous voulez savoir des termes techniques rien que pour soupirer que ça vous ennuie et que vous n’y comprenez rien! Nous allons donc essayer de nous introduire discrètement dans le royaume enchanté sans provoquer de surcharges.  Pour dessiner un objet autrement que face profil on ne peut pas se passer de quelques toutes petites notions. D’abord passons par l’observation. 

Qui n’a pas constaté que l’autoroute au loin semble si étroite que les bas-côtés  se rejoignent ? Voici un des effets directs de la vision en perspective : 

autoroute.bmp

 les parallèles se rejoignent au loin alors que nous savons depuis l’école primaire que justement les parallèles ça se rejoint jamais ! 

Mais pourquoi ce point de jonction est-il là ou ailleurs ? C’est tout simple ! : le point de jonction est entre vos deux yeux !  Toujours entre vos deux yeux. Ce point s’appelle le point de fuite. C’est nous qui portons ce point. Comme les hindouistes ont le troisième œil marqué au front, nous avons le point fuite entre les yeux mais comme il n’est pas inscrit en rouge, nous l’ignorons. Le point de fuite pour cet homme debout est à la hauteur de ses yeux donc il voit l’horizon à cette hauteur là.

pointdefuite.bmp

Pour une personne assise la ligne d’horizon est également à la hauteur de ses yeux.  Cet effet de perspective s’applique à toutes les lignes qui s’éloignent de vous, même très peu. Votre table devant vous est en perspective !                                                                                             

perspectable.bmp

   Les côtés qui vous font face restent parallèles et ceux qui sont à droite et  gauche sont en perspective. 

perspecassis2.bmp

Notre petit personnage a étoffé son environnement: un bahut, un tableau, un mur, tout est en perspective .Les lignes face à lui restent parallèles (celles en gras) et vous pouvez voir que le côté de la table le plus près du bonhomme est plus grand que l’autre. 

Petits exercices pour prendre conscience de la perspective: 

 

Observez des objets dont on voit le dessus par exemple : 

  • Regardez les tables, des étagères, le dessus des verres, des pots de fleurs. 
  • Est-ce que vous voyez le dessus en entier, ou bien un peu, ou pas du tout. 
  • Prenez une boite genre boite à sucre et élevez-la doucement vers vos yeux. Observez les modifications. 

C’est cette observation attentive de tout ce qui vous entoure,  jointe à quelques notions, qui petit à petit vont vous faire prendre conscience de la perspective. En fait tout ce que nous regardons est en perspective.

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Mais n’allons pas trop vite.  Prenons un exemple bien concret: un meuble dont les étagères ont le dessus rose et le dessous vert.

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Si vous regardez bien, vous constatez que vous ne voyez pas la même «quantité» d’étagère et que plus elle est placée bas plus vous en  voyez une grande surface.  C’est cela le phénomène de la perspective. Ici les yeux de l’observateur sont placés environ à la hauteur du point. 

Plus l’objet est à la hauteur des yeux moins on voit sa surface. 

La première règle du jeu c’est de repérer le point de fuite. Quand ous êtes assis face à un mur le point de fuite se situe pile à la hauteur de vos yeux nous l’avons déjà dit.

Le plus simple pour toucher du doigt la convergence des lignes c’est de faire l’observation au travers d’une vitre.  

   (Quoi ???) 

Si si ! … bon, d’accord je vous le concède! Vous aurez l’air un peu original, mais est ce que c’est grave?

perspecvitre.bmp 

Donc vous êtes devant une vitre et vous voyez un immeuble, une maison, la rue. Si  face à vous il y a un paysage champêtre vous sautez ce passage car ça marche mieux avec des constructions aux formes rectilignes.

Vous repérez votre point de fuite sur la vitre (je répète ? le point entre vos yeux) avec un gros feutre effaçable et vous faites glisser une règle sur la vitre pour couvrir les lignes du paysage.

C’est comme ça que vous allez constater que toutes ces lignes convergent même si parfois nos yeux s’y refusent. Le haut des toits les lignes des fenêtres ou des portes le bord des trottoirs trouvez-en d’autres par vous-même. Observez aussi tout ce qui vous entoure:  les murs, ceux vous font face, et ceux qui s’éloignent (qui sont sur le côté), voyez comme ceux qui sont sur les côtés rejoignent le point de fuite. 

Et si le spectateur se couche l’horizon descendra d’autant pour lui. N’oubliez pas ces notions vous les retrouverez plus loin ! 

A présent nous allons nous intéresser  à ce qui fait le plus envie et le plus peur au débutant: l’ humain. Dessiner un personnage qui ne soit  pas trop affreux, tordu,  ridicule. C’est possible, on va y aller pas à pas sans trop se charger le cerveau pour ne pas souffrir!

Anatomie 

L’emploi du terme ‘ »anatomie’’ est à la limite de l’abus de langage car vous n’allez trouver ici que des moyens de représenter les corps, les visages et les différentes extrémités, sans qu’aucune mention soit faite sur la constitution de ces éléments.  Laissons les muscles tendons et squelettes au placard.

Tout le corps humain peut être divisé selon des proportions données qui ne seront qu’une aide à la représentation et jamais plus Nous allons donc évoquer ces fameuses proportions aussi bien pour le corps que pour le visage. Mais avant tout nous allons parler de ce qu’il ne faut pas faire.  En dessin ou en aquarelle, ne pas faire et savoir s’arrêter, sont plus importants que les techniques à acquérir. 

Quelques précisions préalables 

Vous pouvez dessiner des personnages avec des jambes infiniment longues et une tête toute petite ; c’est votre inspiration et nul ne peut s’y opposer, mais il faut que l’ensemble soit harmonieux. Si un de vos personnages est tout en longueur et finesse mais avec une jambe au genou mal placé, et que celui d’à côté a une grosse tête, de tout petits pieds et un bras plus court que l’autre, on aura juste l’impression que vous tâtonnez et que vous dessinez au hasard.

 De grands yeux oui, mais deux grands yeux ! Une petite bouche réduite à un point, d’accord, mais bien placée.

Là, ce sera votre style ; on reconnaîtra votre travail à cela. Vos erreurs peuvent être votre force si vous les utilisez et surtout si vous les connaissez. Pour cela il faut d’abord renoncer à copier Leonard ou Michel Angelo ! Essayez d’assimiler quelques notions justes de proportions humaines et animales plutôt que de l’anatomie ; soyez à la fois indulgent et objectif envers vos essais. 

Voici une voie pour commencer ce chantier. Faites des petits bonshommes, faites en suffisamment pour dégager une impression – disons une vingtaine… allez… une dizaine, pour être sûr que vous n’allez pas caler au milieu de la côte ! Posez vos feuilles par terre et regardez-les de haut.

 En mettant de la distance vous ne serez plus obnubilé par tel ou tel coup de crayon ;   vos dessins deviendront étrangers, ils vont se détacher de vous et en même temps vous deviendrez spectateur neutre de votre production. On a toujours une surprise la première fois que l’on regarde son travail de loin. C’est une émotion très belle si vous voulez bien encore une fois ne pas vous laisser polluer l’esprit par l’idée préconçue de ce que vous voudriez voir. 

 Si vous n’arrivez pas à prendre de la distance alors sortons les armes lourdes ! Regardez vos dessins à l’envers ! Là, plus de repères. Vous aurez vraiment un œil neuf. En regardant l’ensemble de vos bonshommes, un certain style va peu à peu se dégager ; vos personnages ont tous un peu les mêmes caractéristiques : alors soit vous aimez et vous gardez la même façon de travailler, soit vous vous repérez un défaut répétitif, visage tordu, pieds bots ou yeux inégaux, et vous pouvez ultérieurement le rectifier pendant votre travail puisque vous savez que vous avez cette tendance. Il faut laisser ce qui est enfoui en nous venir au jour. Corriger seulement les erreurs flagrantes et donc pour cela affiner notre regard. 

Vous pensiez apprendre à dessiner? Ce sera un voyage bien plus lointain que ça . Un voyage en vous.


 

Dessiner le corps humain 

Ici, nous allons noter quelques proportions utiles. Un véritable cours d’anatomie avec le nom des muscles et la structure des os n’est pas d’une utilité folle à notre niveau amateur en voie d’éclairage ! Comme vous allez me demander des proportions, je vais vous en dire certaines mais en précisant bien que c’est votre coup d’œil qui importe, que le dessin n’est pas de la géométrie, que l’humain est beau avec ses défauts ses asymétries, et que mes conseils comme toujours veulent vous éviter de faire trop tordu, c’est tout. 

Les proportions 

Les proportions se mesurent principalement avec la taille de la tête. Tout d’abord, le corps  du sommet du crâne jusqu’ au sol: il  correspond à peu près à 8 fois la taille de la tête. Tout dépend de votre morphologie mais normalement, la tête est 8 fois inférieure à la grandeur du corps. Donc, dès lors que vous dessinez ou peignez un personnage, qu’il soit debout, assis ou en mouvement, si vous souhaitez qu’il soit le plus juste possible, le corps doit correspondre à plus ou moins 8 fois la tête.

Pour faire les mesures, vous pouvez vous aider de différentes parties du corps comme le représente le schéma si dessous. Mais vous pouvez aussi et c’est le plus utile penser à votre propre corps. Je veux dessiner un corps assis je m’assois et je fais attention à l’emplacement de mes bras jambes et autres morceaux! Quand mon bras est replié je peux poser ma main sur mon épaule donc mon bras et mon avant bras sont sûrement de même longueur de petites observations de ce genre sont bien plus utiles que tout mon baratin croyez-moi ! Le milieu du corps est à peu près au niveau du pubis. Important ! Les coudes sont au niveau du creux de la taille et ça je suis presque sûre que c’est pour pouvoir nous coucher plus facilement sur le côté !…j’ai dit presque sûre ! Au garde à vous les mains sont sur les cuisses,  Pas sur les hanches = bras trop courts, Pas sur les genoux = singe atèle ! Pour ce qui est des mains, elles doivent normalement pouvoir couvrir le visage (menton jusqu’à front). On a souvent tendance à faire les mains trop petites, donc cette proportion est très importante ; observez vous la main sur la joue, elle va du maxillaire au front non ? Ces quelques notes suffisent pour tracer un humain «de base». 

proportbonhomme.bmp 

Ah ! On vous l’avez dit c’est pas du Leonard ! Mais c’est un humain, pas trop mal foutu, au premier coup d’œil il peut être identifié à son espèce et c’est le but. Si vous faites ça, après, vous pouvez lui donner des caractéristiques, le costumiser, l’habiller. 

Un truc pour dessiner les jambes 

Pour dessiner les jambes et les bras, je vais vous demander de penser à une bouteille d’eau gazeuse célèbre. C’est cette forme qui va nous aider à tracer des membres pas trop déformés. Vous voyez la bouteille dont je parle ? Alors imaginez-la retournée. 

jambouteill.bmp                                  jambebouteil2.bmp

Et maintenant je vais lui ajouter des chevilles et des pieds. 

jambebouteilpied.bmp 

Nous avons un mollet musclé non ? 

Avec  des parenthèses pour les genoux et une deuxième bouteille hop ! Toute la jambe est là !

jambeboutellientier.bmp 

Un peu étroite du haut je vous le concède mais ce ne sera pas le plus dur à rectifier. 


 

Des trucs pour dessiner les mains. 

Nous avons vu les jambes et c’était franchement facile; voyons à présent une partie difficile : la main. 

En tout premier ce qu’il ne faut pas faire : mettre des détails genre ongles, plis des phalanges ; ça alourdit, et ça enlaidit. Pour les détails il existe un appareil merveilleux qui peut vous donner tous les détails d’un sujet c’est l’appareil photo ! Vous ne ferez jamais un aussi bon travail que cet appareil alors laissez tomber les détails et soyez vous-même. 

Pour dessiner des mains, réfléchissons d’abord à la forme de la main. Vous allez rire mais ce qui ressemble le plus à une main c’est…une moufle ! Une fois qu’on arrive à dessiner une moufle on peut la transformer peu à peu pour ressembler à une main et les variations peuvent commencer. Pour avancer il faut imaginer un trapèze sur le dessus de la main. Il sert de guide pour poser les doigts ou même pour tracer la main quand on se sent plus à l’aise. Vous pouvez ne tracer que peu de lignes et styliser beaucoup. Le plus important est de garder le trapèze en mémoire (ou bien au début le tracer en effleurant le papier) Le trapèze est l’élément fondamental car il va vous servir de base à toutes vos mains.  Voici de quoi réaliser deux mains Vous voyez que même en traçant n’importe comment on obtient une main. Pourquoi? Parce que les proportions sont bonnes. A droite les doigts ont une allure de patte de lézard mais le trapèze nous rappelle que c’est un humain! A gauche les formes sont plus respectueuses et l’espace entre les doigts est conforme à la réalité. 

           

 Quelques façons d’utiliser le trapèze 

En résumé pour dessiner une main, observez d’abord le trapèze imaginaire dont nous venons de parler, N’hésitez pas surtout au début à le tracer légèrement.                       Repérez la position des doigts: tendus, au repos, repliés, voit-on le pouce en entier, ou pas du tout? Cette observation est le moment le plus important pour votre dessin. Après quoi vous pouvez dessiner autour de votre trapèze. Il est temps d’effacer les lignes de construction et de rectifier. Ici (en gris) j’ai changé le dessin du pouce qui me semblait mal fichu et trop court car l’attache était beaucoup trop étroite.  Comprendre  ses erreurs fait toujours avancer et affine le regard. Pour résumer, pour tracer une main vous pouvez styliser beaucoup, l’œil du spectateur s’attend à voir une main au bout du bras, donc une ligne en fera office. Par contre si vous ratez par excès de détails, ongles, plis, veines… on ne verra que ça ! 


 

Et maintenant quelques trucs rigolos toujours pour dessiner les mains sans trop se perdre.  Pour commencer si vous voulez dessiner une main repliée observez la forme du trou : s’il a une forme en goutte d’eau tracez donc une goutte d’eau sans vous poser de questions. Ensuite vous enroulez la forme de la main autour de la goutte comme les doigts et la paume le font autour du trou. Si le trou a une forme vague de boulon ne vous poser toujours pas de questions et tracez cette forme de manière sommaire. Le  seul impératif est de compter le nombre de facettes et de le respecter. C’est soit 5 soit 6 selon la position de l’index. Ici il y a 6 facettes. Commencez à placer le pouce qui est la base, ce sur quoi repose cette main. Puis l’index boudiné par sa position pliée. Et continuez à dérouler le dessin autour du trou. Le tracé d’un trapèze peut vous aider à trouver les proportions et vos yeux aussi. Pour ce genre de dessin vous devez vous concentrer sur ce que vous tracer sans vouloir que ça réplique exactement ce que vous voyez. Votre dessin doit être parlant pour un spectateur qui ne voit pas le modèle que vous utilisez.                            Pour une main portant un sac, pensez d’abord à une clé plate le reste vient tout seul! 


 

Le dessin de personnages 

Pour se lancer dans le dessin des personnages nous allons simplifier à l’extrême. Les personnages seront de petits bonhommes un peu comme ceux des enfants mais avec des proportions plus conformes.  Il est plus facile d’ajouter des habits à un bonhomme bien fichu que rectifier un personnage bancal. 

Premier exemple. 

1                              2                         En premier nous avons le bonhomme le plus simple mais il a été observé nous savons qu’il marche, qu’il est un peu penché en avant, qu’il accompagne sa marche d’un balancier des bras. En deux nous habillons notre bonhomme un blouson un jean quelques détails de la tête c’est suffisant. En trois nous effaçons les lignes de construction (si elles étaient assez légères) et rajoutons quelques détails cheveux poches chaussures.  Voilà un premier essai plutôt concluant non ? 

Un autre exemple. 

Nous avons observé un homme debout, pieds joints, bras croisés, penché vers le sol vers son chien qui avait peut-être fait une bêtise. 

 Commençons par un bonhomme simple mais bien proportionné. La position de la tête est exacte Celle des bras aussi. 

 Ici nous l’habillons un peu. Un pull, un jean. Des détails du visage, un œil froncé, le nez, une oreille. 


 

          Effaçons les lignes de construction et fignolons l’apparence. Nous ajoutons la main posée sur l’avant-bras, les chaussures ou du moins une idée de chaussures, le chien est  approximatif mais bien posé dans la direction du regard de son maître. 

Le bonhomme simplifié qui a l’air anodin est la partie très importante dans cette technique. Il doit être juste. Position juste, proportions justes c’est indispensable. Et là, on peut rectifier à volonté ! Vous voyez que je vous autorise à gommer !  Résumé-J’observe d’abord la position des bras jambes tronc tête pour les mémoriser. -Je trace le bonhomme. -Je l’habille. Même s’il a bougé il n’a pas changé de vêtements ! -Je gomme et je peux fignoler. Le modèle peut avoir disparu j’ai tout en mémoire et le reste je l’invente en cohérence avec le début. Quelques précisions supplémentaires. Pour tracer un personnage assis tracer en quelques coups de crayon le siège. Il sera ensuite facile de poser le personnage dessus. 

La tête et le visage 

Pour aborder le dessin d’un visage, commençons par penser à quoi  ressemble une tête.  On peut dire un œuf, non ? Un œuf  ou un ovale nous verrons bien à l’usage. 

La tête d’œuf ! 

Donc traçons, d’un crayon extrêmement léger car il faut pouvoir effacer, un  ovale au sommet un peu aplati. ___________________________________________________________ Faisons passer une ligne verticale au milieu.      ___________________________________________________________ Maintenant il faut tracer un carré dans l’œuf ! ___________________________________________________________ Nous avons donc un ovale avec un carré à l’intérieur et un axe vertical sans hésiter ajoutons l’axe horizontal à peu près au milieu du carré. 

   ___________________________________________________________ Maintenant c’est un œuf structuré ! Ajoutons lui quelques proportions pour voir un peu où nous allons Nous obtenons bien un œuf de trois sur trois et demi dans lequel nous allons semer de la vie. Entre les deux yeux laissons environ la longueur d’un œil,( ici mentionné en gris) la bouche se situe un peu plus vers le nez que vers le menton… Et voilà nous avons évité les principaux écueils et nous pouvons effacer les lignes de structures et nous amuser avec ce nouveau copain que nous avons créé. Avec le même œuf aux dimensions identiques (c’est le même que j’ai dupliqué)  on peut en variant la coiffure, le regard, la longueur ou l’épaisseur du cou donner naissance à des personnes très différentes. 


 

La méthode du triangle 

Pour ceux que toute cette géométrie ennuie il y a d’autres façons de commencer un visage  sans compter toutes celles que vous inventerez vous-même. Exemple : 

  Commencer par tracer un œil tout simple Laisser un espace égal à un œil et tracer le deuxième œil D’un crayon ultra léger suggérer un triangle équilatéral (tous côtés égaux) descendant vers le nez Au bas de ce triangle tracer le bout du nez.  Puis la bouche toute simple elle aussi : la lèvre supérieure et un petit arc signifiant la lèvre inférieure suffisent. 

Pour le moment c’était plutôt simple ! La suite n’est pas plus compliquée. 


 

 Ajouter les lignes des joues, un trait pour l’oreille un gribouillis pour les cheveux. N’en faites pas trop. Efforcez vous de crayonner le moins possible. Pas de détails genre cils, cheveux bien léchés, juste les traits essentiels.  Tout ce que vous ajoutez pour arranger va alourdir enlever de l’intensité. Maintenant, si vous n’avez pas appuyé comme un idiot, vous pouvez effacer le triangle guide et vous obtenez un visage pas déshonorant ! Sinon dites-vous que c’est une expérience… enrichissante puisque vous apprenez à maîtriser l’appui du crayon. 

Alors vous voyez que ce n’est pas compliqué. Le secret c’est d’en faire beaucoup pour ‘’ prendre le coup ‘’ 


 

Autres jeux de triangles 

Comme nous l’avons vu précédemment on peut dégager une forme triangulaire dans un visage. Nous allons maintenant nous amuser avec cette idée de triangle.
 
Reprenons le visage précédent au stade du triangle. 
                                Nous avons tracé un triangle à peu prés équilatéral pour situer le nez. Maintenant nous allons modifier ce triangle pour dater le visage.  Ce jeu est basé sur l’évolution de la forme du visage et malheureusement force est de constater que dans ce domaine la attraction terrestre est sans pitié. Pour faire cet exercice il vaut mieux laisser de l’espace entre chaque paire d’yeux et de l’espace au-dessus et en dessous, car nous aurons à tracer des visages   Dans ce tableau nous trouvons le même regard reproduit trois fois, la même forme pour le nez et la  bouche  mais, les lignes grises permettent de le repérer plus facilement, le bout du nez a été tracé à une distance des yeux différente pour chaque visage. 


 

A présent, apportons quelques modifications à ces trois ébauches de visages.    Les modifications sont tracées en gris.: -Les yeux de l’enfant sont légèrement arrondis et la bouche à peine rétrécie. -Pour le visage jeune aucune modification : c’est le visage de référence en quelque sorte. -Voyons le visage plus âgé: les paupières tombent, les sourcils aussi, le nez et les oreilles s’allongent, la lèvre supérieure disparaît…rajoutez à tout ça les rides, pattes d’oie, poches sous les yeux…et là il est grand temps de sortir tout ce que vous savez sur la beauté intérieure ! Dessinez beaucoup de visages et jouez à rajouter un petit détail qui change tout comme une commissure de lèvre à peine relevée en sourire, une paupière un tout petit peu tombante… Sur les visages vieillis lâchez-vous, rajoutez des plis et des rides jusqu’à l’excès ça vous permettra de prendre conscience des traits utiles, de ceux qui gâchent. 


 

Ombrer avec des craies d’écolier 

Lorsque vous vous rendez compte que le dessin des visages obtenu correspond peu ou prou à ce que vous vouliez faire, l’étape suivante est de leur donner du relief. Bien sûr, avec le crayonnage vous savez ombrer mais c’est une autre affaire de savoir où. Le meilleur conseil que je puisse vous donner est d’acheter un petit paquet de craies de couleurs pour écolier, j’ai bien dit pour écoliers. Avec ça il vous faut une bombe de laque pour cheveux la moins chère que vous puissiez trouver vous vous moquez de la qualité puisque vos cheveux ne la rencontreront pas ! Avec une craie, par exemple du bleu clair, tracez le visage comme vous savez faire quelle que soit la méthode. Maintenant que vous avez ce visage vous allez faire un crayonnage oblique sur toutes les parties qui ne vous semblent pas en relief. Cela semble compliqué mais voyons ça. L’arête de votre nez est en relief oui ? Alors pas de couleur pour elle, mais les côtés du nez, ils sont bien moins en relief ?  Alors eux ont droit à une petite couche.  Après quelques crayonnages vous obtenez un visage ressemblant à ça. Si vous ajoutez une amorce de cou se sera plus abouti. Du bout du doigt, estompez les zones colorées en suivant les contours : la ligne de la joue, celle du nez, les pommettes en rond, les arcades en arc etc.  Si des endroits sont trop colorés, nettoyez avec un peu de coton. Vous voyez on est loin de techniques précises, mais qu’est-ce qu’on s’amuse ! Ajoutez de la couleur ou estompez selon vos idées sans oublier de regarder très souvent votre travail de loin. En continuant un moment ce jeu on va avoir fait un portrait  ombré sans s’en apercevoir. Magique ! 

Composition 

Comment aller à l’essentiel 

Voici un petit exemple pour vous aider à saisir les lignes essentielles. Vous voyez une scène qui vous plait. Repérez aussitôt les lignes importantes. Le travail est le même si vous voulez copier une photo ce que je vous déconseille, à moins que vous n’ayez pris la photo vous-même car dans ce cas vous savez ce que représente telle zone floue ou telle partie trop foncée. Voici ce que donnent ces lignes sur le papier. Le personnage  a un peu une apparence simiesque il manque un pied mais rien de tout ça n’est important. Je le sais, donc je peux le rectifier plus tard. Par contre, l’horizon est là, la ligne de grève aussi, ma silhouette est équilibrée.  Donc je continue. Je peux commencer à mettre des détails. C’est là que je rectifie la silhouette simiesque mais je respecte l’équilibre pied, tête, bras. Je commence à tracer les vêtements, les cheveux. Je continue à donner vie à cette scène, le paysage lointain, un bateau que je transforme en voilier parce que ça me plaît, le visage plus dégagé que dans la réalité mais peut-être plus expressif, des remous d »eau et de sable… Maintenant je peux me débarrasser des lignes de structures et fignoler à ma guise sans en faire trop car il faut savoir s’arrêter. 


 

Les petits rectangles magiques 

Avant de vous lancer à peindre il va vous falloir composer le tableau. Même si vous voulez peindre un sujet qui est là, posé devant vous, un minimum de composition va vous aider. Pour cela vous allez prendre une feuille quelconque, moi j’adore faire ça sur de vieilles enveloppes, j’aime le contact de ce papier. Mais c’est sans importance, il vous faut juste avoir la place pour six ou huit petits rectangles de 4 ou 5 centimètres de côté qui seront autant de brouillons. Dessinez sur votre feuille un certain nombre de ces petits rectangles comme des timbres poste, vous pouvez prévoir des rectangles horizontaux et des verticaux si le sujet s’y prête. Ensuite essayez plusieurs compositions, plus près du sujet, plus loin, plus à gauche ou à droite, fond clair ou foncé ; déplacez les éléments, changez d’angle de vue, en bref : cherchez, quelques coups de crayon suffisent pour donner à peu près la forme, sans détails, juste avec des ombres non travaillées seulement plus ou moins foncées. Vous allez tomber sur LA composition qui va vous plaire à vous. Si cet exercice vous semble fastidieux, dites vous qu’il va vous éviter de découvrir presque à la fin du tableau que tel élément aurait dû être différent … Dans cet exemple j’ai volontairement tracé des trucs indéfinis genre fruit. Pour un portrait le travail sera à peu près le même. Il n’y a pas de norme. La seule norme, c’est que ça vous semble équilibré. C’est votre œil, et bien au-delà, votre sensibilité, votre personnalité. Alors vous pensez bien que vous n’allez pas trouver ici de conseils sur ce sujet ! Pour du paysage, le choix sera de décider si vous privilégiez le ciel, la mer, le proche, le lointain ; laissez vous aller, faites ce qui vous plait.  Je choisis volontairement des thèmes neutres, sans détails, pour bien vous montrer que ce ne sont pas les détails qui font un tableauUn tableau il faut le regarder de loin… de très loin. Si loin qu’on ne voit plus aucun détail, seulement des masses de couleur et c’est à ce moment là qu’on voit s’il y a déséquilibre. Mais si on attend d’avoir presque terminé pour regarder, on a perdu des heures et, pire, on a forcément des zones du tableau où on s’est surpassé et qu’on ne pourra pas faire deux fois tellement c’est beau ! Rageant non ? C’est à ça que servent les petits rectangles ! On fait des tableaux miniatures, donc rapidement réalisés, et on peut avoir une idée de ce que ça donnera. Vous pouvez équilibrer votre tableau, lui donner sa personnalité. Et là encore nos petits rectangles vont faire merveille. Je vous assure que si votre petit rectangle a de la gueule votre tableau en aura aussi. J’insiste lourdement car je connais la réticence des débutants à travailler au brouillon. Mais, maintenant que j’ai longuement plaidé en faveur de mes petits rectangles, vous êtes libres de choisir votre façon de faire et je suis sûre que vous allez trouver la meilleure pour vous. Le plus important dans cette démarche c’est de trouver une sensation de plaisir. Le plaisir de vaincre des obstacles, de se dépasser, de s’étonner soi-même.   

L’aquarelle 

Matériel nécessaire 

Pour pouvoir vous lancer il va vous falloir un équipement minimum. 

Le  papier aquarelle 

Je vais vous expliquer : le papier avant de devenir un simple support va être votre ennemi ! Il va gondoler, ramollir, sécher trop vite, pas assez, alors pour vos débuts il n’est peut-être pas indispensable de prendre le top qualité…top cher ! Un papier de 200-220 g est bien Cela signifie qu’un mètre carré de ce papier va peser 200 ou 220 grammes tout simplement. On trouve parfois du 300 à un prix abordable. Dans les surfaces genre Alice, Cultura, Leclerc culture, etc. etc. vous pouvez trouver des paquets de 10 feuilles grand format que vous recoupez en 4 ou plus ; ça vous reviendra à environ 15 euros le paquet et vous aurez de quoi vous exercer pendant un bon bout de temps. Vous n’aurez pas le confort des feuilles collées au bord des blocs tout prêts, mais sur des petits formats genre A4 le papier ne gondole pas beaucoup. Les blocs sont très bien aussi, de grammage plus élevé et donc plus cher. Ma tendance vieux schnock me pousse à croire qu’il y a un snobisme du super papier surtout quand on n’a pas le super talent qui va avec ! Rien ne vous oblige à devenir schnock. Par contre, je vous conseille de faire pleins d’essais avec tout ce qui vous tombe sous la main : papier de soie, journal, emballages divers, papier kraft, carton lisse etc. les résultats seront inégaux, voire moches comme tout, avec de temps en temps une pépite. Ne vous privez pas de tous ces essais c’est plus amusant que les exercices bien cadrés et on y apprend à connaître le papier et l’eau. C’est le but. Prenez l’habitude de dater vos essais cinq ans après on apprécie les progrès d’un autre œil quand c’est classé par date. Il va vous falloir aussi : 


 

Les couleurs 

Tout dépend de votre fortune et de votre ego. Si les deux sont hypertrophiés alors offrez vous une boite en bois faisant chevalet avec le gobelet intégré et tout et tout. cotman newton van gogh ou autres. Si comme moi vous n’êtes  pas trop riche et pas trop ébloui par votre talent, achetez dans une surface ou chez un marchand pour artistes, une petite boite de douze couleurs à environ 15 Euros et vous pourrez toujours ensuite compléter avec quelques godets car souvent dans ces petites boites il y a une ou deux couleurs inutiles genre le blanc car en aquarelle on réserve ses blancs ou bien le orange facile à faire en mélange et plus vivant. Une autre solution un peu plus cher (plus de trente Euros) est de prendre une boite vide et de composer votre palette (La marque Lukas est de très bonne qualité) mais il me semble que débuter avec le standard et sentir le besoin de mieux plus tard est un bon apprentissage. Boesner ou Gersteacker ont de bons sites de vente en ligne qu’on peut aussi utiliser comme catalogue pour les chanceux voisins d’un de ces magasins.   Couleurs les plus utilisées : Jaune        primaire – jaune de chrome Bleu          outremer – bleu de cobalt – bleu ceruleum – bleu de Prusse je trouve les bleus difficiles à chercher alors il vaut mieux avoir du choix surtout pour les paysagistes.  Rouge       carmin je le  préfère au vermillon qui souvent tache le papier mais là c’est discutable faites comme vous voulez un godet ne coûte pas un tel prix qu’il faille se priver d’une couleur qu’on aime !   Ocre         jaune – terre de sienne – terre d’ombre Vert          de hooker – vert de vessie Noir peu utilisé mais peut être utile Un vert phtalo ne servira que si vous avez l’intention de chercher des bleus lagons des verts très acides. Lorsque vous avez la boite de couleurs il vous faut : 


 

Apprendre à connaître sa boite de couleurs 

La première chose à faire est de faire connaissance avec ces couleurs et cette boite. Pour cela : * Déballer les pastilles en conservant le papier de déballage ou en notant exactement chaque intitulé dans l’ordre de la boite, il vaut mieux apprendre le nom des couleurs maintenant. *Déposer de l’eau dans chaque godet avec un gros pinceau pour humidifier la peinture. Ainsi la couleur est prête à être employée. Cette opération est à faire toutes les fois que vous commencez une séance d’aquarelle. * Sur une petite feuille de papier blanc déposer une pastille de chaque couleur dans l’ordre de la boite. Entre chaque couleur vous lavez votre pinceau pour ne pas cochonner vos couleurs avant de les avoir utilisées ! Ceci vous permet de vous familiariser avec votre boite car les couleurs sèches ne ressemblent pas forcément à ce qu’elles donneront une fois  mouillées. * Maintenant vous allez vous habituer à faire des mélanges.  1 Vous faites une pastille d’une couleur par ex. du jaune,  2 Vous lavez votre pinceau et vous faites une pastille d’une autre couleur ex. du bleu  3 Vous reprenez du jaune et vous faites une nouvelle pastille jaune, Lavez le pinceau, 4 Prenez du bleu et mélangez-le directement avec le jaune vous allez découvrir un vert. Le fait de faire trois pastilles les 2 couleurs + le mélange obtenu  permet de mémoriser les divers mélanges et en variant les quantités de couleur vous allez pouvoir faire de nouvelles couleurs presque à l’infini. L’apprentissage est plus efficace que ce truc de faignant que je vous donne quand même rien que vous prouver que je comprends aussi la paresse ! Les principaux mélanges que vous utiliserez seront finalement assez peu nombreux mais pas sans variété. Les verts    :  bleu outremer ou bleu de cobalt+ocre jaune                   :  bleu de Prusse+ocre jaune ou un autre jaune plus franc                    :sans omettre le mélange vert émeraude ou phtalo+un jaune Les rouges  :  carmin+jaune ou terre de sienne naturelle                   :  carmin+vermillon Les bruns     :  vert+rouge et bien sûr ceux présents sur la palette  Pour du gris :  soit blanc+noir soit outremer+bru (sienne brûlée ou pas) Ces quelques suggestions ne sont pas exhaustives, les mélanges vous permettront de choisir vos propres couleurs et c’est ce qui va donner votre personnalité à vos aquarelles. 


 

 les pinceaux 

Pour débuter en aquarelle ne vous lancez pas dans des achats dispendieux pour moins de 20 euros vous pouvez avoir un équipement de bonne qualité. Personnellement je ne vous conseille pas les pinceaux en poils de martre bien qu’ils soient recommandés partout mais croyez vous sincèrement que votre loisir nécessite la mort d’un animal ? Je vous déconseille aussi absolument les pinceaux à lavis : un manche court et un fil qui entortille les poils.  Bien qu’absorbants je les trouve mous et n’oubliez pas qu’on tue un écureuil pour les fabriquer. Expérience et comparaison faites, les pinceaux en poils synthétiques sont de merveilleux compagnons souples-raides, absorbants et pas trop chers. Voici quelques bonnes marques A tout seigneur tout honneur : Jax- Hair (LE spécialiste du synthétique) Pinceaux ronds n°3 ou 4 et n°14 ou 16 Da Vinci série synthétique pur Nova à manche vert hexagonal ( ils ne roulent pas)  Un n°2 ou 4 et un n°14 ou 16. Les Gersteacker Synthetics à manche hexagonal sont parfaits pour les débutants car. N°4 et n°16. Bien sûr d’autres marques sont sur le marché. Les repères pour faire un choix  sont :  -pinceau pour aquarelle -poils synthétiques -et au toucher l’élasticité des poils : ils doivent être doux ET élastiques.  Prenez deux pinceaux : un très gros et un tout petit. Vous avez déjà l’essentiel. Par la suite vous pouvez ajouter une langue de chat 


 

 Les auxiliaires utiles 

Pour travailler sereinement rassemblez les divers objets et produits dont vous allez vous servir Avant de commencer à peindre il faut disposer les objets dont on a besoin dans le bon ordre. A droite pour les droitiers : un grand et un petit bol d’eau propre, les godets de couleur, les pinceaux, le petit papier pour les essais. A gauche (toujours pour les droitiers et inverser pour les gauchers !) prévoir un chiffon, du papier absorbant, des cotons tiges propres eux aussi. Le grand bol sert à laver le pinceau et le petit à prendre de l’eau propre pour peindre. J’insiste beaucoup sur la propreté de l’eau ou des chiffons parce que la moindre tache est une catastrophe peu réparable. Prévoyez un petit pot de gomme à masquer dit drawing gum plutôt de couleur bleue car la blanche est difficile voir sur le papier blanc En résumé il nous faut:                 -Papier aquarelle tendu ou non + un petit bout pour essais -Couleurs et pinceaux -Deux bols – un grand et un petit -Plusieurs chiffons propres, papier absorbant, cotons-tiges  -Pot de gomme à masquer 


 

Commencer un tableau 

Prendre une feuille de papier aquarelle minimum 220 g, tracer d’un crayon léger les masses de votre tableau. Mettre trop de détails vous conduirait à faire du coloriage comme les petits enfants qui essayent de ne pas dépasser! Si vous souhaitez peindre sur papier mouillé et réserver des blancs faites vos réserves avant de mouiller le papier. 

Tendre le papier 

Si la surface de votre tableau dépasse 30×40 cm il va vous falloir le tendre sur une plaque de contre plaqué marine. Pour cela mouiller le papier recto verso  avec une grosse éponge (très propre) ou sous la douche en l’égouttant bien, et le poser sur la planche, humidifier du kraft gommé sur une éponge et coller les quatre côtés du papier. Le laisser sécher à l’ombre,  il va rétrécir et donc se tendre 


 

Pour humecter le kraft gommé 

Le plus simple est de poser une grosse éponge sur une assiette  contenant un centimètre d’eau. Laissez-la boire puis faites glisser le morceau de ruban gommé sur la surface humide en le maintenant avec une baguette Vous pouvez maintenant réaliser votre tableau en commençant plutôt par les tons les plus clairs ou en réservant les blancs avec de la gomme à masquer. Rien n’est obligatoire dans ce domaine, disons qu’il est plus facile de commencer clair car les rattrapages sont hasardeux en aquarelle. Avant de poser la couleur faites toujours un petit essai de la pointe du pinceau sur un bout du même papier, il vaut mieux que cet essai devienne machinal cela vous évitera de poser une couleur trop intense qu’il faudra ensuite estomper. L’essai consiste seulement à poser l’extrême pointe du pinceau sur le papier inutile de badigeonner car là vous utilisez toute votre couleur sur l’essai et il vous faudra en reprendre pour le tableau (ravissant cercle vicieux non ?). Résumé :                                                                                              1 dessiner         2 réserver des blancs si nécessaire.          3 mouiller le papier         4 le tendre si grand format         5 laisser sécher ou pas         6 peindre  


 

Un exemple de tableau pas à pas 

Pour réaliser un paysage vous obtiendrez une profondeur certaine avec peu de couleurs, en jouant sur les différents plans. Au premier plan des couleurs vives accentuent le relief, au loin les bleutés qui  éloignent. Après avoir tracé quelques éléments d’un crayon très léger Commencez par le ciel très légèrement puis descendez le bleu ou le gris un tout petit peu sur l’horizon Ajoutez les couleurs des lointains en les mêlant à la couleur du ciel  Laissez sécher puis continuez à construire le paysage, le chemin des zones plus soutenues Travaillez en taches plus grosses au tout premier plan, avec des couleurs vives et soutenues Si vous avez réservé quelques détails, les moutons, le village; vous avez maintenant un paysage un peu pyrénéen, au printemps. 


 

Comment rattraper ses erreurs 

Vous n’allez pas trouver ici beaucoup de conseils pour peindre parce que c’est seulement en faisant des essais, beaucoup d’essais, que vous apprendrez à maîtriser la quantité d’eau à mettre dans le pinceau, dans le godet, sur le papier ainsi que les couleurs dont vous vous servirez, leurs mélanges et la quantité à en prendre. En toutes circonstances l’aquarelle demande du calme et disons-le un peu de maîtrise de soi. Ce n’est pas une technique pour grands nerveux ou pour impatients, car les progrès se font par paliers et les débuts sont un peu décevants. Il faut donc se forcer un peu pour avoir le déclic, comme un petit enfant est rebuté par les lettres et à un moment sait lire d’un seul coup. Par contre, voici quelques petits trucs bien utiles pour ne pas paniquer ou se décourager à la moindre erreur. 

Si la couleur que vous avez étalée est trop épaisse : 

        Si c’est tout frais essayez d’appliquer sans aucun autre mouvement un kleenex sec et propre pour absorber un peu de peinture. Si ça ne marche pas suffisamment, laisser sécher puis passer le pinceau chargé d’eau très propre seulement sur la couleur, puis appliquez un mouchoir en papier sans aucun relief sur la partie litigieuse. Le mouchoir va emporter une partie des pigments et alléger la zone trop chargée. Le pinceau chargé d’eau dépose l’eau mais ne touche presque pas le papier pour ne pas laisser de traces.  Appliquez le mouchoir doucement avec le doigt sans jamais frotter le papier. Nous ne faisons pas du décapage !  Lorsque vous retirez le mouchoir doucement, la couleur est atténuée et rejoint la tonalité du reste de l’aquarelle. 


 

Si vous avez mis trop d’eau 

Ou que votre couleur est trop liquide, déchirez de petites lanières de papier absorbant et aspirez l’excès d’eau avec un coin du papier. Laissez le papier absorbant boire doucement l’eau n’essayer pas d’accélérer le mouvement en appuyant le papier sur la tache pour que l’eau soit absorbée plus vite. Pas de précipitation, pas de panique.  Pour réaliser un paysage après avoir tracé quelques éléments très légèrement commencez par le ciel puis descendez le bleu ou le gris un tout petit peu sur l’horizon ajoutez les couleurs des lointains en les mêlant à la couleur du ciel vous obtiendrez une profondeur certaine. Au premier plan des couleurs vives accentuent le relief. 


Derniers conseils 

Parvenue à la fin de ce petit ouvrage je ne peux pas vous lâcher sans m’inquiéter des questions angoissantes qui jalonnent le parcours du débutant. Je les ai rencontrées et la recherche des réponses  a parfois été coriace alors parce que je suis gentille je vous aide un peu ! 

Voici quelques questions pas faciles sur la perspective: 

En montagne où est la ligne d’horizon ?  Après tout ce qui a été dit sur l’horizon, restons simples l’horizon reste encore et toujours entre mes deux yeux mais il m’est caché par la montagne c’est tout. Je me contente donc du point de fuite entre mes yeux et de mon sens de l’observation. A la mer, si je suis en haut de la dune, l’horizon c’est toujours la ligne entre ciel et mer ? Oui l’horizon est bien là où le ciel et l’eau forment cette ligne floue ou bien nette selon la météo. Observez que quand vous êtes en haut de la dune vous voyez beaucoup plus d’eau que lorsque vous êtes en bas. C’est bien parce que le point de fuite a bougé avec vous ! Et si je suis allongé sur la plage, il est où, l’horizon ? Allongé par terre ne nous étonnons pas de découvrir que le point de fuite est très bas ! Alors soit la mer est visible et l’horizon est comme d’habitude sur la ligne ciel eau, soit la mer est masquée par du sable et je m’en réfère à mon point de fuite bien rassurant entre mes yeux que j’ai pris soin d’emporter avec moi ! Si je suis pile en face d’une maison est ce qu’il y a de la perspective ? Même réduite, il y en a sur tout ce qui s’éloigne : les rebords de fenêtres, est ce que vous voyez le bord inférieur autant, moins, plus, que le bord supérieur ? Notez. Le chemin qui mène à la maison ne serait-il pas une ligne fuyante de vous jusqu’à la maison ? Notez. Les pots de fleurs, la boite aux lettres, le parasol, ils ne sont pas en perspective ? Regardez bien et surtout soyez conscient de ce que vos yeux voient, pas de ce que votre cerveau vous raconte. La perspective ne sert- elle que pour les paysages ou bien pour tout? Quand une personne a les mains tendues devant elle, ses mains sont plus près de vos yeux que son corps donc il y a de la perspective. Le personnage a la main en avant.  Cette main vue en perspective est beaucoup plus grande que la tête 

 

 Pour avoir la « vista ». 

Voici quelques conseils pour avoir un peu «  la vista » cette façon de savoir voir ce qui cloche, de savoir dégager l’essentiel dans un sujet, La vista sur votre travail : 

  • Prenez de la distance, éloignez vous au maximum de votre travail. Et surtout prenez du temps. Ne jetez pas un coup d’œil, laissez vos yeux se promener, les défauts vont apparaître, puis vous interpeller avec force. 

  • Regarder votre dessin à l’envers. Sa signification s’estompe et les défauts, les déséquilibres se font plus visibles. 

  

  • Regardez les dessins ou les tableaux dans une semi obscurité. Les masses seules apparaissent. On voit mieux les zones trop claires ou trop foncées qui font tache. 

  • Faites vous une longue vue avec votre main fermée, le regard est concentré sur la partie visée. 

La vista en général : ·        Cherchez les lignes importantes.  ·        Ne vous attachez jamais aux détails. ·        Repérez dans un paysage les éléments verticaux, poteaux, arbres bien droits, angles de murs… c’est cela qui vous fera sentir ce qui n’est pas vertical. Avec un peu de persévérance vous saurez mettre rapidement en mémoire les angles formés par ces verticales et les autres éléments. Et merveille ! un beau jour en regardant devant vous vous allez être choqué par une ligne anormale ! un poteau un peu penché, la flèche du clocher que le temps a un peu déviée.    Ce jour là vous aurez définitivement la vista ! 


 

En conclusion 

Si vous lâchez la bride à votre besoin d’expression, l’observation du spectacle qui s’offre à vous se traduira en images, ou peut-être que ce sont des mots qui traduiront le mieux vos émotions, alors ne vous dites pas que vous vous êtes trompés de voie mais que vous avez plusieurs moyens d’expression, c’est une grande chance. Vous pourrez alors écrire vos textes et les illustrer. Ce sera un talent en plus, une possibilité de vous exprimer supplémentaire. Les petits exercices proposés dans ce texte n’ont pour but que de vous aider à utiliser votre sens de l’observation, de l’affûter, de le décupler. On ne perd jamais son temps lorsqu’on observe. On s’enrichit. Glissez un petit carnet dans votre poche avec un bout de crayon et crayonnez. Il n’y a pas de meilleur entraînement. Votre regard est précieux, servez-vous en. Voyez la vieille dame qui marche, elle est petite, à peine plus haute que le rebord des fenêtres. Et le petit garçon qui la croise lui arrive à l’épaule. Et elle s’arrête devant la vitrine immense, pile au milieu. Et son reflet se déplace en même temps que vous ! Le plus important est de prendre conscience de son regard de ne pas le laisser traîner sur les objets, les paysages, les fleurs sans les voir. Regarder sans voir dans la vie courante c’est triste, mais pour celui qui prétend dessiner c’est une faute. Plus que tout, ayez un regard. Pas juste des yeux. Si vous aviez une timbale en or,  Vous ne la laisseriez pas au fond du coffre de la voiture   pour faire boire le chien. 

Créé par le 14 août 2009 | Dans : petits bonheurs

Je suis née dans un moulin le long d’un petit chemin

que je ré-invente dans mon jardin en tondant des chemins d’Alice dans l’herbe haute.

 chemin

la clairvoyance enfin!

Créé par le 09 juil 2009 | Dans : clair voyance

la clairvoyance …enfin!

 

Me voici arrivée là où je savais devoir aller.

Je sais que je dois mettre la clairvoyance positive au service de ceux qui en ont besoin à un moment de leur vie. 

C’est tout simple. Et  c’est  maintenant.

Je vais déjà définir cet état (que je me refuse à appeller don ou pouvoir).

Le mot clairvoyance signifie « voir clair » ou faculté de voir dans les mondes invisibles. C’est une faculté latente chez tous et que finalement chaque être humain possédera au cours de son épanouissement spirituel. Ayant cette vue spirituelle, on peut explorer des domaines habituellement fermés à notre esprit: les voies qui s’ouvrent à nous, l’état d’esprit de ceux qui nous sont proches, les épreuves imminentes et significatives, les conditions de voyage de l’esprit de ceux qui nous quittent.

Il y a deux sortes de clair voyance:

La clairvoyance  involontaire qui existe quand les scènes des mondes intérieurs se présentent à l’individu tout à fait indépendamment de sa volonté; il voit ce qu’on lui donne à voir et ne peut en aucune manière être le maître de sa vision. Dans le langage courant on appelle cela avoir des flashes. Ce type de clairvoyance est dangereux, il laisse l’individu exposé à être possédé par des entités désincarnées et, en mettant les choses au pire, il risque que sa vie dans ce monde et dans le suivant, ne lui appartienne pas. 

La clairvoyance positive, ou volontaire, est celle dans laquelle l’individu peut à volonté voir et faire des investigations dans les mondes intérieurs; il est maître de lui-même et de ce qu’il fait. Il est conscient des domaines qu’il côtoie et sait se garder du mal. Ce type de clairvoyance se développe par une vie pure et de service, et ne s’exerce qu’avec des intentions d’amour du prochain et de respect de l’autre. Bien que chacun de nous possède naturellement cette faculté de clairvoyance, il faut un effort persistant  pour la développer de façon positive, ce qui paraît être puissamment dissuasif. Si elle pouvait être achetée, beaucoup paieraient le prix fort mais peu nombreux sont ceux qui consentent à vivre la vie requise pour l’éveiller. Cet éveil ne s’obtient que par un effort patient et  parfois douloureux. Il ne peut pas être accéléré , il n’existe pas non plus de route royale pour l’acquérir.    

Il m’a fallu plus de vingt ans pour maturer ce cadeau que j’ai reçu en 1987.  Le temps d’admettre cette différence, le temps de lâcher prise,  de ne plus vouloir plier le cours de la vie à ma volonté et au contraire d’accepter ce qui vient sans émotion trop vive.

Le temps de laisser monter en moi l’Amour et le Respect, de devenir végétarienne afin de ne pas absorber de souffrance, le temps d’avoir l’esprit totalement en paix et enfin de sentir que le moment est venu.

Ce moment arrive alors que je me croyais établie dans un état de peintre aquarelliste. Mais quand j’ai commencé à être comme lassée de l’aquarelle, d’avoir une sourde envie d’autre chose, j’ai compris que des bouleversements se préparaient. Je me suis  lancée dans l’acrylique sans grande satisfaction car ce n’était pas changer de style de peinture qui m’était demandé! J’ai donc décidé de faire le vide, de méditer et d’encourager la montée en moi du courant que je sentais latent.

Voici un extrait de ce que j’ai peint à ce moment là:

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  Ce paysage (qui n’en est pas un car je n’ai rien dirigé) évoque pour moi le rivage que je cherchais. J’ai senti que j’étais arrivée  au sentiment de paix qui m’a envahie. Voilà pourquoi je me décide à communiquer sur ce sujet qui m’était personnel jusqu’à maintenant.

Vous allez me dire mais à quoi la clairvoyance peut-elle me servir?  

Ce à quoi je réponds en citant ce merveilleux proverbe africain: « celui qui a mal à la tête n’a pas besoin d’inventer l’aspirine pour en apprécier les bienfaits. »   °°°

La clairvoyance n’est pas une nouveauté pour moi elle m’accompagne de puis plus de vingt ans. Je l’ai employée pour des proches qui me faisaient confiance et s’en trouvaient bien, je les ai aidés à mieux comprendre leurs proches, à renforcer leur personnalité en leur offrant un mantra personnel, à traverser des moments de tempête sans laisser la peur les balloter. Leur confiance me réjouit et je les en remercie. J’ai aidé ceux qui nous quittent à faire la traversée lorsque les circonstances le demandaient, et j’ai rassuré ceux qui restaient et souhaitaient savoir comment ce voyage s’était déroulé. Je n’ai jamais imposé ce genre d’informations à celui qui en a peur ou qui ne souhaite pas savoir. Et bien souvent j’ai apporté mon aide sans le dire. Le silence est une bonne chose dans bien des cas. Je sais bien que dans beaucoup d’esprits la confusion est grande entre sorcellerie, magnétisme, médiumnité, tout celà fait peur, et surtout l’approche des mondes invisibles.  

Lorsque quelqu’un souffre parce qu’il est « paumé », parce qu’il ne comprend pas, ou parce qu’il angoisse, la clairvoyance me sert à éclairer sa route, à comprendre son entourage ( je me souviens d’avoir montré à une maman que sa fille, avec laquelle elle était fâchée depuis longtemps, l’appelait du fond de son coma comme un tout petit appelle sa mère. Ce simple éclairage a permis une guérison et une réconciliation lumineuses. ) 

La concentration de pensée positive et le mantra que je donne à répéter font leur travail en interne. C’est suffisant.

 °°° Tous les proverbes africains que je cite, j’adore ça, sont de mon invention!

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Créé par le 09 sept 2007 | Dans : clair voyance

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 Merci.

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